Nothomb, Amélie
Stupeur et tremblements F

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Stupeur et tremblements est un roman autobiographique dont l’auteur, Amélie Nothomb, est l’héroïne principale. L’action se déroule au Japon, pays où l’écrivaine est née et a passé une partie de son enfance.

Amélie Nothomb: Stupeur et tremblements, Albin Michel, 1999

Stupeur et tremblements est un roman autobiographique dont l’auteur, Amélie Nothomb, est l’héroïne principale. L’action se déroule au Japon, pays où l’écrivaine est née et a passé une partie de son enfance. Elle y revient à l’âge de vingt-deux ans pour travailler dans une grande entreprise de Tokyo. C’est à ce moment que commence son récit. Parlant parfaitement japonais, Amélie croit être engagée en tant qu’interprète dans l’entreprise surnommée par elle-même Yumimoto. Or, elle découvre très vite qu’elle se trompe. En réalité, elle n’est qu’un jouet dans les mains de ses supérieurs qui lui demandent d’effectuer des tâches inutiles, ridicules ou même humiliantes, ne sollicitant ni son intelligence ni ses capacités. Le travail chez Yumimoto devient alors une épreuve. C’est un défi qu’Amélie doit relever tous les jours. Finalement, elle y parvient : elle renonce à ses opinions et accepte de jouer le jeu en attendant que son contrat de travail à durée déterminée arrive à terme.

Ce roman qui se déroule dans un pays lointain nous amène, dès les premières pages, dans un univers plein de bizarreries et d’absurdités stupéfiantes. Notre héroïne, qui s’était pourtant longtemps sentie originaire de ce pays, découvre des facettes de sa culture qui lui étaient jusque-là cachées. Elle arrive avec des souvenirs idylliques de son enfance heureuse, passée là-bas. Elle connaît la vie quotidienne au Japon, mais la vie active est différente. Ignorante des quelques particularités des règles de savoir-vivre qui régissent toute entreprise japonaise, elle va de mésaventure en mésaventure. À travers tout ce qu’elle doit subir de la part de ses supérieurs, elle nous présente la vie en entreprise au Japon. Elle décrit la hiérarchie, la soumission absolue aux autorités, le dévouement que tout employé doit à son chef et la place qu’occupe le travail dans la vie des Japonais. En tenant compte de la mentalité et des mœurs japonaises, elle tisse des liens entre les usages, les habitudes, les règles de politesse et l’attitude de ses supérieurs envers elle, et puis semble enfin comprendre. Son récit peut donc être lu comme une sorte d’introduction à la culture de ce pays. Il nous décrit le statut non enviable des femmes et des hommes japonais. Il montre à quel point les dogmes traditionnels, qui leur sont inculqués dès le plus jeune âge, influencent leur vie. Tout en brossant le portrait de cette société, il témoigne aussi du regard méprisant des Japonais vis-à-vis des Occidentaux qui sont souvent incapables de comprendre leur culture, et notamment celle qui prévaut en entreprise, basée sur la modestie, l’obéissance et la soumission. (Il y a toujours moyen d’obéir. C’est ce que les cerveaux occidentaux devraient comprendre ! – dit l’un des cadres de Yumimoto, monsieur Omochi, à Amélie.)

L’approche de l’auteur est critique. Elle s’appuie souvent sur un ton ironique et moqueur mais ceci ne l’empêche pas pour autant de voir les côtés moins sombres et d’être même parfois en admiration devant les personnes dont le destin est lié à ce système qu’elle ne peut pas apprécier. (Et fine comme vous l’êtes, pouvez vous douter qu’il y ait, dans cette entreprise, non, sur cette planète, quelqu’un qui vous estime, vous admire et subisse votre empire à un degré comparable au mien ? – se dit Amélie en pensant à ce qu’elle voudrait dire à mademoiselle Mori, sa supérieure.)

Amélie Nothomb nous invite ainsi à découvrir cet univers oriental où les relations entre les chefs et leurs subordonnés suivent encore les anciennes traditions de l’Empire dont le protocole stipule que l’on s’adressera à l’Empereur (aujourd’hui : à son chef) avec „stupeur et tremblements“.

Si nous acceptons cette invitation, nous sommes très vite emportés par son art de conter ainsi que par une histoire captivante qui nous permet de découvrir une culture lointaine mais aussi de mieux percevoir la nôtre. Son absurdité qui ne relève pourtant pas de la seule fiction nous laisse muets de stupeur !

© Marie Pokšteflová

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